Yelawolf et son « Alabama style »

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Yelawolf © Julien Lachaussée

« Alabama Style » c’est le mélange parfait d’un homme de la campagne sur les traces de la musique de rue. Vous n’avez jamais écouté Yelawolf… J’en doute. Venu de Tennessee, il réalise rapidement des feat. avec Travis Barker et a été repéré par le rappeur blanc de tous les temps : Eminem. Après son premier album chez ShadyRecords, Yela est de retour en 2015 avec « Love Story » un disque des plus authentiques à sa nouvelle image de rock star. Tattoos, bike, whisky et sans oublier sa Chevy, Yelawolf revisite un style de musique aux couleurs de son pays.

À l’époque où tu faisais beaucoup de skate, quel était ton style ?
Yelawolf : Aux États-Unis, j’ai grandi en skatant dans le sud, donc j’avais un style East Coast. Les rues sont vraiment dures, le sol de la côte Est fait putain de mal. (Rires.) Quand j’avais 16/17 ans, j’étais dans un délire « Ledge Skating », j’avais quelques tricks en stock et je suis resté coincé là-dedans.

Est-ce que tu skates encore ?
Y. : De temps en temps, je n’aime plus le skate autant que je le devrais. Je suis un énorme fan malgré tout, j’analyse et regarde des vidéos de skate tout le temps.

Tu voyages énormément ces dernier temps, ça influence ta musique ?
Y. : Oui, ça m’a beaucoup influencé dans ma jeunesse. J’écoutais plein de nouvelles musiques à travers les vidéos de skate… Nous étions de l’Alabama dans le Tennessee et il n’y avait ni de hiphop, ni de rock punk obscure mais surtout du rock’n’roll qui venait de la ville. Dès que l’on pouvait, on regardait des vidéos clips de la West Coast ou de New York. C’était ma drogue musicale.

Ton nouvel album est un mix entre le hip-hop et le rock… Pourrais-tu nous en parler ?
Y. : Tu sais, c’est la première fois que j’ai vraiment été délaissé en studio. Lors de mon dernier album, il y avait beaucoup de producteurs. Donc après « Radioactive », on a fait « Psycho White », « Trunk Muzik Returns » et une autre mixtape avec DJ Paul. En gros, j’étais en train de nourrir la bête qui porte le nom de « hip-hop ». (Rires.) J’ai passé beaucoup de temps dans mon laboratoire super expérimental pour me perfectionner avec tous les musiciens qui m’accompagnent. Je voulais vraiment faire ça depuis un moment, faire que ma musique délivre une certaine vérité. Donc je suis vraiment heureux de la façon dont l’album est sorti, ça a comme allumé un feu en moi et je suis déjà excité pour le prochain album.

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Peux-tu nous parler de ta première rencontre avec Eminem et ta relation avec lui ?
Y. : Hum… Nous sommes devenus de plutôt bons amis au cours de ces dernières années. Tu sais comment est Eminem, je ne passe pas tant de temps que ça avec lui mais quand c’est l’heure du travail, il est super concentré et à fond dans le projet. Il ne s’est jamais retiré pendant que l’on travaillait et c’est vraiment cool pour moi car il s’est pleinement investi. Qu’est-ce que je peux dire encore sur ce mec… Il a cru en moi ! Apprécié ce que je faisais en tant que MC et musicalement. Il me disait souvent : « Mec, si tu veux chanter, chante. Fais tout ce que tu veux faire. Mais fais le bien. ». Donc c’est plutôt cool mec. Mis à part ça, c’est vraiment un trou du cul ! (Rires.)

Tu veux que l’on mette que c’est un trou du cul dans le magazine ?
Y. : Je m’en fous, il sait que je blague. (Rires.)

Quand tu as sorti « Trunk Muzik Returns », tu avais une très belle barbe, c’était pour quelque chose de spécial ?
Y. : Non ! Je m’en bats les couilles… J’ai juste commencé ma barbe parce que j’étais en mode « Fuck ». Je m’étais un peu enfermé en studio et je voulais juste me relâcher. Je ne l’avais jamais fait avant et j’ai adoré. (Rires.) On a fait cette tournée en Australie et quand je suis revenu, je l’ai coupé, je suis très spontané. J’essaie des trucs et d’autres, je suis ce que l’on peut appeler « Un mec sans peur ». Par exemple, je me suis laissé pousser les cheveux et j’ai décidé de les couper en mohawk encore une fois. Les gens me sortaient : « What’s the fuck ! ». Peu importe, le style évolue comme toi… comme ta musique grandie, tes goûts changent et tu explores des choses. Ton style évolue avec toi.

En parlant de style, tu as pleins de tatouages. yelawolf-julien-lachaussee-barberline-magazine-numero-3-02L’un d’entre eux est vraiment marrant pour ma part, celui en rouge.
Y. : Le Redneck ?
Ouais, je l’aime vraiment. (Rires.)
Y. : Merci mec ! Après « Trunk Muzik », on s’est intéressé plus à moi et parce que je venais du sud de l’Alabama et les gens ont commencé à m’appeler : « Redneck ». Donc fondamentalement, on m’a tellement appelé comme ça que je me suis dit : « Mec, je vais me le tatouer sur le cou ! ». Bien sûr je suis pas redneck pour de vrai, pas comme mes oncles et mes cousins… Certains d’entre eux sont vraiment des rednecks hardcore ! Au final ce tattoo m’a permis de d’immobiliser ce que les gens utilisaient contre moi…

C’est la raison pour laquelle je l’aime bien. Tu veux parler d’un autre tatouage ?
Y. : Oh… Je me suis fait beaucoup de tatouages depuis 2012… Beaucoup ! (Rires.) Un fan m’a rapporté une photo lors de mon concert à Paris en 2012 et je me suis dit : « Merde ! Je me suis fait plein de tatouages ces dernières années ». Quelques uns d’entre eux ont plus de sens que d’autres. La dernière longue session que j’ai eu, je me suis assis pendant 8 heures pour une partie de Jésus sur mon dos… Beaucoup trop de Jack Daniel’s pour tenir.

Ça peut t’aider, tu sais…
Y. : Ça le fait ! (Rire.) Ça m’a aidé pendant 6 heures et puis ça m’a fait très mal…

yelawolf-julien-lachaussee-barberline-magazine-numero-3-04Il y a eu quelques unes de tes chansons dans la série « Sons of Anarchy ». As-tu déjà pensé à jouer un rôle dedans ?
Y. : Oh, ils ne me l’ont jamais proposé… Je suis assez déçu. J’aurais aimé jouer dans la série, mais je suis déjà honoré qu’ils utilisent ma musique. Cette série « Sons of Anarchy » est énorme pour moi. C’est un projet qui a battu tous les records… J’ai grandi autour de la Harley et j’en conduis moi-même une alors c’est super excitant de se dire que ma musique était présente.

Peux-tu nous parler de tes projets futurs ?
Y. : On a commencé un nouvel album qui s’appellera « Trial ». J’étais au Canada chez Fefe ma fiancée et c’est venu d’un coup… je me suis dit : « Mec, je dois aller à Nashville ». Je me suis levé, je suis allé chez le concessionnaire Harley Davidson et j’ai loué une Harley. J’ai roulé non-stop pendant presque 3 jours, parce qu’il pleuvait et il faisait froid. Puis quand je suis arrivé, j’ai ressenti un truc en moi : « Je suis prêt à commencer ce putain d’album ! ».

Pour finir, quels sont les groupes qui t’inspirent dans le rock et le hip-hop ?
Y. : Un groupe que je n’arrêterais pas de mentionner, c’est Mobb Deep , parce qu’ils sont influents dans le beat. Sinon dans le rock’n’roll : les Rolling Stones, Black Sabbath et hum… J’aime aussi la musique country : Hank Williams, Johnny Cash… Ha oui, j’ai oublié dans le hip-hop : Outkast, Three 6 Mafia, évidement ! (Rires.) Wu-Tang Clan est l’un des plus grands groupes de rap. D’ailleurs j’ai collaboré avec Reakwon sur « I Wish ». Je serais absolument Wu-Tang Forever ! J’ai besoin d’un tatouage Wu-Tang. (Rires.)


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