Ryan Leslie, black mozart

Pour la sortie de son nouvel album MZRT et de sa  dernière tournée internationale, nous avons rencontré le Black Mozart, de son vrai nom Ryan Leslie, à la Bellevilloise de Paris. Après 6 albums, Ryan n’a plus rien à prouver et sa principale préoccupation est d’être en contact avec ses fans. Si tu veux textoter avec Black Mozart et bien c’est possible ! Ryan donne son numéro de téléphone sur Facebook et au monde entier. À partir de maintenant, vous pourriez faire partie de ses 14 999 messages non lus et vous pouvez même lui parler en français…

Tu parles super bien Français…
Ryan Leslie.
– Je suis très chanceux, en 5ème, ma mère travaillait dans un cabinet d’avocats à Bruxelles. L’école américaine était trop chère alors elle nous a envoyé ma sœur et moi dans une école catholique, l’institut des Sœurs de Notre-Dame. J’ai dû apprendre le français pour survivre dans les rues. J’essaie d’écrire des lettres en français à mes amis pour rester en contact. Sinon j’adore la France, j’ai fait des collaborations plutôt cool, comme celle avec Booba. C’est cool de pouvoir communiquer dans la langue natale de quelqu’un. Les gens savent que tu respectes leur culture en faisant ça. Si j’avais le temps, j’apprendrais le plus de langues possible. Je suis allé en Corée et j’ai engagé un traducteur juste pour être capable de me présenter. Je veux que les gens sachent que je respecte là d’où ils viennent.

Tu es en contact direct avec tes fans ?
R. L. – Je connais tous les interviewers, tous les stylistes, tous les maquilleurs, tous les fans, tous les supporters. Je connais tout ceux que je croise car je crois aux vraies relations. Le challenge, c’est de récupérer toutes ces informations et de gérer une relation avec
chacun d’eux.

À combien de personnes parles-tu par mois ?
R. L. – La plupart des personnes que je connais, même les plus respectables, disent qu’ils n’en ont que 5. Je peux te montrer… regarde : 14 999 conversations non-lues. N’importe qui peut m’envoyer un message. J’ai plus de 20 000 conversations sur WhatApp, et 35 000 vrais contacts, plutôt que d’avoir des followers sur Facebook ou Twitter… L’engagement est tellement faible, tout le monde suit tout le monde… Mais tout le monde n’a pas le numéro de son artiste préféré ! Peut-être que d’autres artistes vont faire pareil, mais moi ça fait 2 ans que je fais ça. Les gens ont soit peur, soit ils ne sont pas assez courageux pour gérer toutes ces connexions. Je connais mon fan numéro un sur Paris ou dans toutes les autres villes. Je connais leurs noms, leurs adresses. Et ça serait encore mieux de pouvoir leur parler dans leur langue natale. J’espère que les technologies m’y amèneront.

Que penses-tu des clashs actuels ?
R. L. – C’est génial ! C’est important ! Le hip hop a été défini par de grandes battles. Qui ne se souvient pas de 50 Cent VS. tout le monde? ou Jay VS. Nas ? ou Pac VS. Biggie ? C’est ce qui rend le hip hop intéressant et excitant. Je pense que les gens s’intéressent plus à Meek Mill maintenant, qu’avant son clash. Je suis le genre de personne qui est cool avec tout le monde mais des fois, je me dis que je devrais avoir un clash aussi. Comme ça les gens se demanderaient si je suis vraiment dingue et si je mérite le nom de Black Mozart. Mais je pense que c’est bien pour divertir et pour la musique. Les artistes doivent mettre la barre plus haut et il faut que les gens comprennent que le rap a commencé à partir des battles.

Vaporwave ? Codéine ?
R. L. – J’aime tout du moment que c’est honnête. Lorsque quelqu’un le vit et s’exprime honnêtement alors je l’applaudis. Les gens disent que les rockstars meurent à 27 ans parce qu’ils vivent difficilement. Avec les drogues, ils vont là où la plupart des humains ont peur d’aller. C’est pas non plus génial, je ne pense pas qu’il faille en faire la pub. Regarde Jimi Hendrix, il a eu une carrière de 3 ans, mais son héritage reste pour des générations. Même si il y est parvenu grâce aux drogues, ça ne m’embête pas parce que sans ces drogues, on n’aurait pas de Jimi. Ça doit juste être honnête et tu dois comprendre les ramifications et les conséquences de ce style de vie. Ta vie va être plus courte et ce n’est pas le meilleur moyen de voir tes enfants grandir. Il y a plein d’histoires et pas que dans la musique. Les gens se souviendront de Whitney Houston, Bobby Brown ou Kurt Cobain et comprendront l’impact que l’abus de ces substances peut avoir sur l’être et sur l’art. On est tellement attirés, on ne peut pas s’empêcher de regarder une star en train de chuter. Ce sont des histoires qu’on se doit de partager en tant qu’humain.

Fashion ?
R. L. – Pour moi c’est avant tout s’exprimer ! Qu’est-ce que ça veut dire si ma veste est détruite, mes pantalons déchirés et que je porte une Rolex à 30 000$. Je pense pouvoir accorder tout ça ensemble parce que peu importe ce que je porte, le plus important est dans ma tête. Je peux aller à un meeting avec les gens les plus puissants de la Silicon Valley et toujours avoir mes 6 dents du bas en or. Si quelqu’un est décidé, passionné et travaille dur, le style devient juste un autre niveau d’expression. Je porte aussi des costumes, et ça ne passe jamais de mode. Ça donne un autre genre de respect.

Tidal ou Apple music ?
R. L. – Je soutiens n’importe quel moyen qui permet aux artistes d’être découverts. Pour moi, ce qui compte c’est d’avoir de vraies relations. Je ne suis pas d’accord si Apple, Spotify, ou Tidal
s’approprie ma relation avec mes fans. Si je te connais, pourquoi ne pas nous parler directement ? Mais si Tidal te permet de découvrir ma musique alors c’est cool. Je suis un enfant de Youtube et avant les stars naissaient des médias traditionnels, la télé ou la radio. J’ai découvert Youtube et j’y ai posté mes premiers beats. Les gens ont pu le partager gratuitement et c’est pourquoi j’ai cette relation avec eux aujourd’hui.

Straight Outta Compton !
R. L. – C’est marrant, ils m’avaient envoyé un script pour être dans le film. C’était il y a tout juste un an. C’est incroyable… Je suis si pressé de voir comment l’histoire a été racontée. Le film Ray était incroyable et pour moi c’est un standard, je pense que les biopics sont géniaux quand ils sont bien faits.

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Aime les bonnes choses, qui se mangent, qui se regardent et même qui s’écoutent, mais aime surtout les fringues.

Soit le 1er à tout raser