Rencontre avec DBFC

DBFC
DBFC © Julien Lachaussée.

Avec la sortie de leur album «  JENKS » le groupe  alternatif indé/ DBFC s’ouvre au plus grand nombre. Comment expliquer cette musique sensorielle moderne rock électro avec une touche de clubbing et de groove. C’est les DBFC eux-mêmes qui en parlent le mieux… affaire à suivre lors des PIAS NITES le 31 mai 2017 à la Maroquinerie.

DBFC  semble être un groupe très soudé et complémentaire avec deux fortes personnalités très marquantes. Vous vous êtes trouvés comment ?
Dombrance : On s’est rencontrés sur l’album de David en 2012, j’étais tombé raide dingue de sa musique dès la première écoute (ndlr : David Shaw and the beat). On s’est rencontrés car il avait besoin de quelqu’un pour l’accompagner sur scène et on a rapidement commencé à travailler pour les Trans Musicales de Rennes. Le coup de foudre musical et amical.

David : On est comme une valse musicale, l’un lie l’autre. On est très différents et surcomplémentaires. On n’empiète jamais sur la liberté d’expression de l’autre ni sur sa liberté au sens large. Nos caractères sont différents : l’un tempère l’autre. La folie, la raison, l’ordre et le désordre.

Que veulent dire les initiales DBFC ?
David : C’est secret, d’ailleurs on demande à toutes les personnes qui nous questionnent leur propre avis là-dessus et on fera des T-Shirts avec les plus belles  trouvailles genre T-Shirt de propagande dans lequel il y aura la vraie signification. Mais on ne le dira pas. Qu’en-penses-tu ?

Je pense l’approche artistique à la hauteur de vos personnalités : mystérieuse, créative avec une bonne dose de folie et toutefois très réfléchie.
Dombrance : En fait on voudrait créer autour de DBFC un esprit club rock électro comme une sorte de famille, d’habitués nommé « JENKS ».

Tu évoques le club comme un cercle ouvert, je me le représente plutôt fermé pour ma part.
Dombrance : C’est le club fermé des gens ouverts tu vois ? Le dernier bastion de la Résistance !

Vous composez comment dans DBFC ?
David : On a des programmations qu’on lance et des synthés, guitare, basse et les micros  branchés et là il se passe des choses pendant 6 à 7 h, on joue et on se fait les chefs d’orchestre. On valide les choses  au feeling et à l’excitation, tu sais quand tu as les poils des bras qui  se soulèvent. C’est indescriptible et magique !

Dombrance : Lorsque l’on ne trouve pas de terrain d’entente on continue jusqu’à  trouver le moment. Puis l’on se regarde et  à ce moment, on sait que ça le fait.

Vous communiquez beaucoup verbalement ?
Dombrance : Oui, on fait des ateliers. On a un gros bagage musical. David est anglais et on a vu du pays mais avec cette façon de travailler, on n’a pas le poids de tout ça, on est pas face à cette turpitude mais dans le côté très spontané des choses. L’album va te faire penser à plein de musiques mais on n’en parle jamais. Il développe l’idée d’une société d’humains et de machines.

David : Rien n’est prémédité. On met juste des ingrédients sur parfois juste une mesure qui va s’inspirer d’un  moment musical précis. Bien sur ca sonne un peu 80’s car on utilise des synthés.

Dombrance : Les années 80 c’était le mélange entre la culture rock et électronique qui s’est rencontrée avec le post-punk  et qui développe le mélange de deux univers. La culture techno est également importante pour nous.

David : On était ado dans les années 90, tout est cyclique dans la musique. C’est l’éternelle ressource. On ne compose pas dans un schéma classique couplet-refrain. Certains morceaux durent sur la longueur de 7 à 8 mn. La culture Club est également très présente avec ses  inévitables excès et la transe au sens propre avec ce rythme devient un lien. Le challenge de rester par exemple sur deux notes  est intéressant, le champ des possibles et l’infini s’offrent à toi dans un format que tu choisi. On  tient à garder cette liberté.

Dombrance : Certains titres sont très pop et donc courts  et d’autres longs. A notre niveau, on aime se retrouver dans ces moments qui nous font du bien et sortir un peu de nos têtes. On aime le coté sensoriel des choses.

Le clip « Autonomic » rassemble une succession d’images. Comment les avez vous choisies ?
Dombrance : C’est un super boulot de notre ami Marc DOS SANTOS. Au départ c’est le rapport conflictuel entre l’humain et la machine.

David : C’est un peu mon idée du futur immédiat comme quand on regardait à l’époque Blade Runner c’était le futur mais a présent on est dedans avec les robots quasiment à notre image. Toute cette évolution nous intéresse. On ne souhaite pas être l’esclave de ces machines et on souhaite maitriser nos émotions même si on peut composer sur ordinateur de nos jours. L’Art en général sera toujours le rempart à l’Intelligence Artificielle.

Y a-t-il une part de nostalgie dans cet album  ?
David : « JENKS »  n’est pas un album nostalgique mais bien au contraire frais et cohérent.

Dombrance : Je suis très fier de « JENKS » car il  a été créé au bout d’années de travail personnel de la part de chacun d’entre-nous, de nos expériences et de nos apprentissages musicaux. Je n’aurai jamais pu faire ce genre de musique il  y a 20 ans.

Vous contrôlez votre image ?
Dombrance : David plus que moi, ca se voit (rires), j’apprends à ce niveau là. L’image change à mesure du temps.

David : J’assume mais ca dépend. L’image d’un projet est fondamentale et ce n’est pas toujours facile à  y introduire les gens. Pour moi  la pochette est importante comme nos clips  ça fait partie du projet, c’est un gros travail  de pouvoir se faire comprendre par d’autres professionnels de l‘image qui peuvent ne pas comprendre ton univers.

Est-ce que cela vous donne la grosse tête de vous retrouver dans la playlist des Inrockuptibles Printemps-Eté 2017 ?
Dombrance : J’en suis ravi mais j’oublie  aussi vite.

David : Mon égo est plutôt satisfait mais je me concentre sur ce que j’ai à faire. Je ne vais pas vriller pour ça. Au moment où tu crois que les choses t’appartiennent, elles t’échappent, il faut se souvenir de cela. Demain, tout peut s’arrêter.

DBFC est un groupe de scène également ?
David : Pour le constater, on vous donne rendez vous à la Maroquinerie le 31 mai pour les PIAS NITE !

Soit le 1er à tout raser