Rencontre avec Aaron Matts de Betraying the Martyrs

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Aaron Matts / Betraying The Martyrs © Immortalizr

À l’occasion de la sortie de leur troisième album « The Resilient », la maison Warner music nous ouvre ses portes pour une rencontre avec Aaron Matts, chanteur du groupe de métal frenchie Betraying the Martyrs. Un album renaissant tel un phoenix sous la cape du label américain Sumerian Records.

Pouvez-vous vous présenter ?
Aaron Matts : Je m’appelle Aaron Matts, je suis chanteur dans le groupe Betraying the Martyrs. À la base je viens de Leicester en Angleterre, une petite ville industrielle. Je suis arrivé en France il y a 10 ans. J’étais soudeur pendant 5 ans. Ma vie était pourrie là-bas et quand on m’a donné la chance de venir a Paris je n’ai pas hésité.

Comment décrivez-vous votre genre musical ?
A. M. : Je pense que c’est du deathcore, un mélange de death et de hardcore et vu qu’on a pas mal de synthé on appelle ça du symphonic deathcore. Enfin ça c’est Wikipédia qui le dit… Ils disent même que j’ai deux gosses alors que c’est faux (rires.) mais moi j’essaie de ne pas rentrer dans les sub-genres. Pour moi c’est du métal.

D’où vous vient l’inspiration ?
A. M. : Pour ma part, au chant j’écris des choses qui se passe dans ma vie, des choses qui me tiennent à cœur. Les membres du groupes viennent aussi me demander d’écrire pour eux sur différents thème : problèmes familiaux, actualité… Je suis tombé en dépression il y a 2 ans et aujourd’hui je suis de retour encore plus fort. Ca m’a beaucoup inspiré.

Vous êtes plus Slayer ou Slipknot ?
A. M. : On a fait une tournée aux États-Unis avec les 2 en 2012 mais pour moi c’est Slipknot à fond. Mon grand frère m’a donné un de leur CD quand j’avais 10 ans et je me suis enfermé dans ma chambre pendant une semaine à l’écouter en boucle.

À quelle fréquence vous répétez ?
A. M. : Presque jamais (rires.), s’il y a une grosse tournée qui arrive on va répéter pendant 5 jours d’affilé pour se caler. On fait tellement de concert qu’on a pratiquement pas besoin. En 2013 on a fait quasiment 250 dates donc on joue presque tous les jours.

J’avais pas envie de retourner bosser à l’usine donc heureusement que ça a marché

Vous êtes-vous imaginé dans vos début avoir un aussi grand succès aussi bien en France qu’aux États-Unis ?
A. M. : Je n’étais pas là au tout début. Je suis arrivé en 2010 quand le groupe n’avait qu’un EP. On a signé chez Sumerian Records l’été 2011 et en novembre on a commencé les tournées aux États-Unis et on a pas arrêté depuis. Le fait d’avoir un label américain a changé beaucoup de choses. J’avais pas envie de retourner bosser à l’usine donc heureusement que ça a marché.

Combien de temps vous voyez-vous continuer les tournés ?
A. M. : Toute la vie ! En tout cas on va faire le plus possible pour que ça dur vraiment

Votre meilleur et pire souvenir en concert ?
A. M. :
Un des meilleur c’était au Brixton Academy de Londres. On avait peur, on ne savait pas si le public allait adhérer et 5 minutes avant de monter sur scène, ils ont éteint les lumières et là ça criait dans tous les sens. Ça c’est un bon souvenir. J’étais malade en plus parce qu’on avait fait la fête la veille en Écosse, il faisait super froid et moi j’étais dehors en débardeur complètement bourré. Le réveil était dur mais avec l’adrénaline, le concert s’est super bien passé.
Pour le pire souvenir, on a fait un concert pour un festival à Dallas. On est arrivé genre une heure avant de jouer et on nous montre vite fait où s’installer et c’était une grosse scène coupée en deux. On a dû commencer à set up pendant qu’un autre groupe était entrain de jouer et un mec vient et nous dit « Vous avez 20 minutes ! »; alors on se dit cool, ça nous laisse un peu de temps pour checker et il nous dit « Non vous avez 20 minutes jusqu’à la fin de votre prestation »… On a dû commencer à jouer sans même avoir fait un check. On a joué à l’arrache alors qu’il y avait de bons groupes et moi j’étais la entrain de me dire « C’est le pire concert de notre vie… ».

De quoi êtes-vous particulièrement fiers depuis vos débuts ?
A. M. : Je suis fier d’avoir appris à communiquer avec le groupe. Pas seulement à cause de mon français mais surtout parce qu’à l’époque je prenais des médocs ; j’étais tout le temps énervé pour rien et aujourd’hui on est meilleurs potes, une famille. J’ai grandi, je suis devenu un homme.

Quel rapport avez-vous avec vos fans Français et Américains ?
A. M. : J’aime les fans français ; ils sont très expressifs. Ils viennent nous voir après le concert pour nous dire « Putain c’était mortel… » alors que les Américains et les Anglais ils veulent pas montrer qu’il sont fans de vous ; après le concert c’est genre « Mouais bof… », alors que les français n’on pas peur de montrer qu’ils aiment ce qu’on fait.

Qui a eu l’idée de reprendre la chanson de la Reine des neiges “Let it go” ?
A. M. : Pas moi en tout cas ! (Rires.) Un mec de notre label qui devait être complètement défoncé nous a appelé et nous fait “ Hey les gars, faut faire une reprise de « Let it go »« . Moi j’étais pas trop chaud puis on a commencé à faire quelques enregistrements et finalement c’était plutôt cool. Après il nous a demandé de faire un clip ; ça allait un peu loin pour moi mais le clip a fait plus de 6 millions de vues et nous a rapporté plein de belles choses donc je suis toujours fier ; même si on a perdu du respect dans le métal puriste. On l’a faite à la sauce Betraying the Martyrs et pour ça je suis content.

Quels sont les critères de recrutement des membres du groupe ?
A. M. : Il y a que 3 membres qui sont là depuis le début : Baptiste, Victor et Valentin. À l’époque j’avais un groupe et on a fait une tourné avec BTM en Angleterre et quelques temps après, Victor m’a branché sur Facebook pour les rejoindre après le départ d’un membre ; moi j’étais partant. Il suffit que les mecs soient cool et ça se fait naturellement.
On essaie au max de ne pas changer les membres mais des fois on est obligé. Par exemple Marc, l’ancien batteur russe a loupé pas mal de tournées à cause d’un problème de Visa donc on a dû le remplacer.

Que pensez-vous de l’industrie musical d’aujourd’hui ? Y a-t-il des groupe actuels que vous suivez de près ?
A. M. : J’écoute beaucoup de rappeurs genre Suicideboys c’est mon kiff. Ce que j’aime c’est qu’ils ne signent pas chez des labels, ils ce débrouillent eux-même et c’est respectable. Mais pour un lancement de carrière c’est clair qu’avoir un label c’est le top.

Que représente pour vous le morceau “Won‘t back down” ?
A. M. : C’est un morceau qu’on a écrit spécifiquement pour rendre hommage aux attentats du Bataclan et qu’on a justement sorti le 13 novembre 2016. Ça touche tout le monde, on avait même quelques potes là-bas.

Votre nouvel album s’appelle «The Resilient ».
A. M. : La résilience définit la capacité qu’ont les corps (cellules, etc.) à résister aux chocs environnants et à reprendre ensuite leur forme et leurs propriétés initiales.

Cet album c’est un peu le phoenix qui renait de ses cendres ?
A. M. : Oui, on a vécu beaucoup de choses difficiles ; des histoires d’argent, des histoires perso et on essaoe de se relever et de revenir à chaque fois encore plus fort. Avec cet album on est revenu sur les bases de BTM qu’on avait un peu perdu dans le deuxième. Je pense que « The Resilient » nous représente plus.

Où peut on vous voir jouer cette année ?
A. M. :
Partout mec ! (Rires.) On commence une tournée en France et on aura des dates à Strasbourg le 21 janvier, Paris le 11 février, Montpellier le 12 février, Lyon le 15 février et bien-sûr on sera présent au Hellfest en main stage. On va faire un show de malade !

Avez-vous d’autre projet à venir ? Un autre album en préparation ?
A. M. :
Oui bien-sûr, on a déjà commencé le prochain album et on espère tourner au Japon et en Asie ; c’est quelque chose qu’on n’a jamais fait et ce serait un rêve pour nous de tourner dans des pays où on a jamais mis les pieds. Thaïlande, Philippines et Brésil surtout pour les filles. (Rires.)


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