Quand WICKED ONE se confie à BARBERLINE

Signification Wicked One : Représentation des « marginaux », les « mauvais garçons ». 

BarberLine : Depuis quand avez-vous lancé Wicked One ?
Wicked One : Wicked One a été créée en 2007. Pratiquement 7 ans déjà, c’est fou ce que le temps passe ! On a démarré avec vraiment pas grand chose, pour ne pas dire rien (2000€ pour être précis). Du coup les premiers modèles étaient en série très limitée, au départ pour nos potes. Et puis rapidement, le bouche à oreille a fonctionné et on a commencé à se structurer, à faire des collections plus étoffées, à produire en plus grande quantité.

BL : Pourquoi Wicked One ?
WO : En anglais «wicked» a un double sens. La traduction littérale, c’est «méchant», «mauvais». Mais en argot «wicked» c’est aussi «génial !» ou «mortel !». Un mot plein de contradiction qui synthétise bien notre état d’esprit : on combat les a priori et cette tendance qu’a la société à vouloir catégoriser les gens, à les mettre dans des cases. On trouvait ça intéressant de jouer sur cet adjectif, car il caractérise les hommes et les femmes que l’on met en avant : des corps tatoués, des personnalités, des «gueules» souvent éprouvées par la vie. Tous ces gens pour qui chaque jour est un combat.

BL : De quoi et avec qui est née cette envie de lancer cette marque?
WO : On était 4 à l’origine de la marque, puis 3. En fait on bossait déjà ensemble avant Wicked One, pour la marque de Kool Shen (2 High). Deux d’entre nous étaient graphistes et le 3ème plutôt branché commercial. Lorsque la marque a disparu on a décidé de démarrer notre propre aventure.

A l’époque le streetwear restait cantonné au milieu du hip-hop et on ressentait l’envie de croiser nos influences et nos inspirations. On a tout de suite cherché à construire un univers dépassant les clivages qui existent dans l’esprit de certains : un lifestyle mêlant les différentes facettes de la rue, tout en essayant d’aller au delà des frontières, qu’elles soient mentales ou géographiques.

Mais on se lançait avant tout dans un projet entre potes. Même si tu espères toujours que ça cartonne, on n’imaginait pas du tout que ça prendrait cette ampleur ! On a commencé avec 2 ou 3 teeshirts vendus de main à main et on en arrive aujourd’hui à distribuer dans plus de 200 points de vente répartis sur une dizaine de pays. Et tout ça sans avoir jamais participé à des salons, sans apport financier ni budget de communication.

 

Maëva

 

BL : De combien de personnes ( artiste, créateur, styliste etc) est composé votre team ?
WO : On est 4 au bureau. Deux graphistes Julien et Fred qui s’occupent de toute la création et des supports photos/vidéos et Gary et Thibaud qui gèrent la partie développement commercial. Etre peu nombreux a ses avantages mais ça devient vraiment tendu depuis quelques temps, du coup une nouvelle graphiste nous a rejoint au mois de juin. Et puis il nous arrive parfois de faire appel à des potes sur certaines créations.

BL : De quoi s’inspire votre collection et quelles sont vos références ?
WO : De la rue dans son ensemble. Comme on te le disait, on essaie d’aller au delà des stéréotypes et des a priori. On puise notre inspiration dans les cultures urbaines. Chacun d’entre nous a un parcours différent et a sa propre sensibilité. Ce qui nous parle, ce sont les disciplines universelles, que tu peux retrouver partout dans le monde quelque soit le pays et sa culture : le tatouage, le graffiti, le hip-hop, les sports de rue, les sports extrêmes…

BL : Comment êtes vous arrivés au MMA ?
WO : Dès nos débuts le MMA (Mixed martial arts), et plus largement les sports de combat ont fait partie de nos inspirations. La plupart d’entre nous a pratiqué ou pratique encore et on a tout de suite essayé de soutenir des gens de notre entourage qui combattent à haut niveau.

La plupart du temps les personnes qui décrient le MMA – en fait souvent les politiques et certains media – sont ignorantes à son sujet. La France est l’un des tous derniers pays dans le monde a interdire ce sport (l’entrainement est libre, mais la compétition est proscrite sur le territoire), notamment du fait des pressions exercées par la fédération de Judo qui craint de voir son nombre de licenciés chuter.

Notre engagement dans le MMA est en fait symbolique de nos valeurs : on essaie d’aller à l’encontre de l’ establishement, de faire bouger les lignes, de tordre le cou aux raccourcis et aux normes imposées par la société. Il suffit d’aller dans n’importe quel club qui dispense des cours de MMA pour se rendre compte de la formidable mixité qui y règne, toujours dans une atmosphère de respect, d’esprit sportif, de dépassement de soi. Oui, en compétition le MMA est un sport extrême, à l’instar de la boxe anglaise, du rugby ou encore du football américain. Mais à l’entraînement c’est simplement une formidable synthèse de techniques issues d’arts martiaux et de sports très divers (boxe, judo, lutte, jiu-jitsu brésilien…). Les valeurs de ce sport sont celles que nous défendons : progression, dépassement de soi, pugnacité, et avant tout respect d’autrui.

 

Cali

 

BL : Avez-vous des égéries, ou des « people » qui aurait porté vos créations ?
WO : On n’est pas dans cette logique là. Certains pensent qu’il est indispensable d’avoir l’appui de personnes connues pour qu’une marque fonctionne. Evidemment, cela représente une aide importante et certaines marques ont déjà cartonné alors qu’elles n’avaient que cela… Dans la mode, il te faut soit des fonds, soit des têtes d’affiche.

Nous n’avons aucun des deux, et pourtant on se développe un peu plus chaque jour. On est plus dans une approche affective avec ceux qui nous suivent. Alors pour répondre à ta question, oui certaines personnalités reconnues dans leur domaine respectif nous soutiennent, mais uniquement parce qu’il y a des connections qui se sont faites.

Par exemple dans le monde du tatouage, un gars comme Tin-Tin qui est mondialement connu nous suit depuis nos débuts et nous aide énormément. C’est ouf de voir que sur quasiment toutes ses apparitions télé, il porte nos vêtements ! Dans le monde de la musique, tu as des rappeurs comme Kool Shen (ex-NTM), Orelsan ou Flynt qui sont des mecs entiers, qui ne trahissent pas ce qu’ils sont et avec qui du coup on s’entend bien.

BL : Une exclu à nous révéler ?
WO : Deux exclu en fait, si tu le permets. La première c’est que nos créations pour l’hiver 2014 (disponible en septembre) vont envoyer du lourd ! (rires, on croise les doigts pour que ça plaise !)

La seconde, c’est qu’un projet de boutique sur Paris est en cours ! Depuis le temps qu’on nous demande où nous trouver en dehors du site internet et des multimarques, ça va enfin se faire. Si tout se passe bien, d’ici la fin de l’année.

Roland

Créateur de BARBERLINE. La barbe est mon emblème et le Hip Hop mon harem. J'ai la flemme d'écrire tout ce que j'aime en espérant que nos thèmes vous plaise.

Soit le 1er à tout raser