Matthias Dandois, 5 fois champion du monde

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Matthias Dandois © Julien Lachaussée

Qu’est devenue ta vie depuis que tu es champion du monde de BMX Flat ?
Matthias Dandois : Honnêtement au niveau sportif rien n’a changé, je fais du vélo tous les jours. C’est ma passion ! Si je ne ride pas une journée je vais me sentir « blou blou blou » (bruit d’un gros tas de morve ratatiné). Dans la vie privée, cela s’est vraiment améliorée, les sponsors et les médias s’intéressent plus à moi, et maintenant je peux vivre totalement de ma discipline.

Tu n’en vivais pas totalement avant d’être champion ?
M. D. : Non, en fait dans n’importe quelle discipline, l’étiquette « champion du monde » fait kiffer les spectateurs et les médias. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a toute une équipe de riders super forts et j’ai juste été le meilleur au bon moment. Et du fait que les gens se disent : « tu es le champion du monde », ça t’apporte une plus grande notoriété auprès des sponsors. J’ai gagné 5 fois les championnats du monde donc…

Après 5 victoires, comment fait-on pour rester au top ?
M. D. : C’est facile d’arriver au top, mais comme tout, c’est super difficile d’y rester. La première fois que j’ai remporté les championnats du monde, j’avais 18 ans et personne ne m’attendait là. J’ai fait des tricks à l’égal des autres, mais vu que j’étais l’outsider, ça faisait kiffer les gens et le jury. Après avoir gagné une fois, on m’a attendu au tournant et j’ai regagné. La troisième fois, ils étaient encore plus stricte sur mes performances, etc. Mais il y a un truc humain qui fait que le spectateur n’aime pas ceux qui gagnent tout le temps. Au bout d’un moment, il se lasse même si tu arrives avec des tricks plus difficiles, il suffit que l’adversaire roule un peu mieux que d’habitude, il va te battre car c’est cool de retirer le titre au champion.

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Matthias Dandois © Julien Lachaussée

Quelle a été ta réaction lors de ta première victoire au championnat du monde ?
M. D. : C’était vraiment l’un des meilleurs souvenir de ma vie. À l’époque, la finale se déroulait en 3 étapes, une en Europe, l’autre aux États Unis et la finale au Japon qui est le pays où il y a le plus de participants de BMX Flat. C’était mon premier voyage aussi loin et je me suis retrouvé en battle final, face au premier du classement. En gros pour faire simple, je devais absolument gagner la battle pour remporter le championnat. Puis comme je te l’expliquais tout à l’heure, je pense qu’étant le petit jeune qui arrivait de nulle part, j’ai poussé mon niveau et ça a dû plaire au jury. Lorsqu’ils ont dit mon nom, sur le coup je n’y ai pas cru, je me suis dit : « Merde, j’ai 18 ans, je suis encore au lycée et je suis sur le podium du Japon. Je l’ai fait ! »

Lorsque l’on regarde tes stats sur Internet, tu es soit premier ou deuxième… Vous n’êtes que deux lors des compétitions ?
M. D. : (Rires.) Non on se tire la bourre ! On va dire qu’aujourd’hui, nous sommes cinq riders au même niveau. Lorsque j’avais 15/16 ans, je m’entraînais jusqu’à dix heures par jour, j’ai acquis des bases en béton sur certaines figures que je peux faire les yeux fermés. C’est la différence que j’ai avec certains riders de compétition qui placent des tricks un peu par chance.

Après avoir vu les runs de tes adversaires, est-ce que tu modifies le choix de tes figures ?
M. D. : Oui surtout en qualification, car ça se passe en deux phases. Tu as les qualifications de runs de trois minutes où tu es jugé sur 4 critères (difficulté, originalité, style et consistance) où les douze premiers sont sélectionnés puis viennent les run battles. Tu as trois passages l’un après l’autre, donc tu observes forcément ce que l’adversaire réalise, et tu vas adapter ton run pour faire mieux que lui. Si le mec se chie, tu fais des tricks de bases, par contre si le me mec est « on fire », tu te dis « Merde »… (Rires.) C’est à ce moment là que la pression arrive et que tu modifies ton run pour être excellent.

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Matthias Dandois © Julien Lachaussée

La musique t’inspire-t-elle lors de la création de tes runs ?
M. D. : C’est super important pour moi, je choisis toujours ma musique lors de mes runs. Ça me rappelle qu’au Japon, j’ai fais mon run de qualification sur du Booba. (Rires.) Quand Booba était encore chaud…

Qui est Alex Jumelin pour toi ?
M. D. : C’est mon meilleur ami… Ça fait bizarre de dire « mon meilleur ami », mais je ne vois personne d’autre sur terre en qui je pourrai avoir le plus confiance. C’est un gars sûr ! Nous avons fait le tour de monde ensemble et ce qui est drôle, c’est que j’étais fan de lui quand j’ai commencé le vélo. C’est comme si un fan de NBA devenait meilleur pote avec Michael Jordan.

Vous vous êtes souvent retrouvés en finale ensemble, qu’est-ce que vous vous dites juste avant un run ?
M. D. :(Rires.) On est dégouté ! On a beau être meilleurs potes, nous sommes des sportifs avant tout. Nous sommes compétiteurs et nous donnons le meilleur de nous-même. Tu sais quand on se retrouve en finale c’est plutôt marrant à vrai dire, car on se connait tellement bien. Par contre en quart de finale, c’est pourri car on sait que l’un de nous ira en touche.

Que penses-tu de l’avenir du BMX Flat ?
M. D. : Les compétitions sont de plus en plus grosses, beaucoup plus de participants et un price money qui augmente. Avec Alex, on lance notre école de flat à Paris avec une salle chauffée et couverte pour entraîner les kids. Ça prend de l’ampleur, et faut savoir que tu n’as besoin que d’un vélo pour pratiquer le flat, tu peux t’entraîner où tu veux. C’est un sport où le physique mais surtout le mental est important. Pour devenir pro, tu dois inventer tes propres figures et c’est là que ça devient intéressant.

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Matthias Dandois © Julien Lachaussée

Donc en BMX flat, tu ne dois pas faire les même figures que l’adversaire ?
M. D. : Tu as 99% des gens qui s’en foutent que tu aies mis ton pied à gauche plutôt qu’à droite mais entre riders, nous allons le voir. En compétition, tu ne peux pas arriver avec la même figure, c’est interdit. Donc entre pro on s’envoie des petites vidéos de nos nouvelles figures pour mettre des petits coups de pression. (Rires.)

Dans quel pays faut-il rider ?
M. D. : La France ! J’ai calculé la dernière fois, j’ai fais plus de 55 pays dans ma vie et il n’y a pas un plus beau pays que la France pour rider.

Depuis le début de ta carrière Red Bull te soutient…
M. D. : C’est une relation presque familiale que j’ai avec Red Bull, je connais tout le monde au bureau, ça fait plus de 10 ans qu’ils me soutiennent. Ce n’est pas juste une marque de boisson énergisante, c’est surtout une marque qui a été là pour moi depuis le début. Quand j’avais 17 ans et que je n’étais personne, ils étaient là pour financer les voyages de mes premières compétitions. Aujourd’hui, si je me casse un os, ils m’offrent leur meilleur médecin. Ils prennent soin de ma carrière mais aussi de moi !


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Créateur de BARBERLINE. La barbe est mon emblème et le Hip Hop mon harem. J'ai la flemme d'écrire tout ce que j'aime en espérant que nos thèmes vous plaise.

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