INTERVIEW RASOIR BEAT / 20SYL

Pour cette nouvelle interview Rasoir, nous avons eu la chance de pouvoir poser nos questions à un artiste de génie.  Après Hocus Pocus et C2C, 20SYL revient aujourd’hui en solo. Il fait parti de ces artistes que l’on écoute sans le savoir et qui a collaboré avec de grands noms. Une Interview Rasoir Beat qui retrace le parcours de cet artiste français et international, un homme touche-à-tout à la fois musicien, rappeur et graphiste.

20SYL X BARBERLINE

– Rappeur Producteur DJ mais à la base Graphiste, avec le recul et sans la musique, aurais-tu pu vivre une vie de graphisme en agence ?
Non, je pense que les contraintes commandes/clients m’auraient rendu fou, j’aurais tout fait pour me diriger vers quelque chose de plus libre et artistique.

– Au fond de toi, ton art s’exprime le plus avec un crayon, un mic ou avec une platine ?
J’pense que l’essentiel de mon travail s’exprime dans l’accumulation d’éléments sonores, pas spécifiquement au travers d’un outil particulier. Je le transcris dans la superposition de textures, le travail du rythme et ensuite dans l’emballage visuel et l’objet.

C2C / Hocus Pocus deux groupes créés avec quelques années d’écart. D’un coté les platines de l’autre le Mic, ton coeur balance mais le succès arrive avec les deux ?
C’est fou. Avoir autant de succès avec deux projets si différents me semble surréaliste. C’est probablement l’énergie et la passion qu’on y a injecté qui a porté ses fruits. On a une bonne team aussi, le label On And On et tous les projets qui gravitent autour  nous tire vers le haut.

– J’ai toujours aimé ta plume si positive et tes histoires parfois abstraites, aujourd’hui continues-tu à écrire ?
En fait, l’écriture n’est pas du tout un réflexe chez moi contrairement au beat making. Je dois me faire violence pour écrire un 16, j’aime la sensation d’aboutissement que ça procure, le plaisir de trouver la bonne formule, la phase inattendue ou le bon flow, mais paradoxalement j’ai l’impression de m’y exprimer de manière moins fluide qu’avec mes machines.

– Penses-tu revenir avec Hocus Pocus ?
C’est un truc auquel on pense, on cherche juste la bonne manière, le bon angle.

– Depuis 2014, tu es en solo avec deux EP, est-ce la maturité et l’expérience qui t’ont donné envie d’être seul ou plutôt comme dirait Joey Starr « Nous avons divorcé » (rire)
J’accumule tant de matière depuis toutes ces années que c’était le bon moment de relever ce challenge. Sortir quelque chose de spontané qui correspond à des périodes très précises. Les autres projets existent et reviendront tôt ou tard, identiques ou différents.

– Aujourd’hui tu reviens avec Motifs II, ton 2nd EP solo, on passe d’un zèbre à un hibou, quelle en est la signification pour toi ?
Le zèbre a ce truc des personnages des contes imaginaires, on se demande comment la nature peut créer des êtres aussi graphiques. La chouette a elle la particularité d’être invisible et pourtant d’une élégance rare. Ce sont des animaux qui m’intriguent, les motifs naturels m’interpellent de manière général : le positionnement des tâches, la structure d’un plumage… ça me fascine. Au même titre que le génie musical d’une composition parfaitement pensée dans laquelle tout semble infiniment complexe mais pourtant parfaitement évident.

– Tu as fait beaucoup de featuring et de production, avec quel artiste as-tu eu une bonne énergie et surtout avec qui aimerais-tu travailler ?
J’ai eu un très bon feeling avec Fashawn. Mais historiquement ma plus belle rencontre humainement parlant a été celle avec The Procussions et Mr.J.Medeiros. Pour le futur je pourrais te citer des tonnes de noms, mais je cherche surtout à ce que les choses se fassent de manière fluides avec le moins de calcul possible.

– Tu as fait quelques remix de chansons US, ça te dis de produire des ricains ?
J’aimerais bien oui, j’ai déjà fait 2-3 trucs, mais une session stud avec un très gros nom ce serait fun. Juste pour pouvoir montrer un selfie avec Kanye à mes enfants plus tard 😉

– Je voulais revenir sur ta collaboration avec Grems X Trafik « Game Set&Match« , ça a du être une grande expérience de taffer sur des enregistrements de tennisman, cela t’as donné des idées pour des futurs collab conceptuelles ?
En ce moment même je travaille sur un projet de Rampe de Skateboard sonore & connectée. Un projet qui sera montré dans les salles de concerts de la région des Pays de la Loire dès le mois d’octobre. L’idée est de créer un objet hybride avec lequel les Skaters vont pouvoir interpréter ma musique de manière détournée via des projections graphiques et capteurs de mouvements 3D.

– Tout va à 100 à l’heure avec les nouveaux artistes, si tu n’as pas sorti une mixtape tous les 2 mois tu deviens invisible, quel avenir donnes-tu au HipHop aujourd’hui ?
Je vois bien le développement d’un système plus direct: d’artiste à auditeur. Un peu à la manière des Youtubers qui gèrent leur chaine, s’adresse directement à leur abonnés sans intermédiaires et réussissent à en faire leur job (en graissant la patte de google au passage ;). Pourquoi pas appliquer ça à la musique. C’est déjà le cas avec soundcloud, ne manque plus qu’un système de monétisation fiable et qui ne vienne pas vampiriser les aspects artistiques.

20syl-IMG_0087-créditMathieuRenoult

Créateur de BARBERLINE. La barbe est mon emblème et le Hip Hop mon harem. J'ai la flemme d'écrire tout ce que j'aime en espérant que nos thèmes vous plaise.

Soit le 1er à tout raser