Interview des fondateurs de La Shaperie

Pour un homme, c’est toujours un peu délicat d’aller chez le barbier. Aussi délicat que de se faire tatouer par un inconnu. On se demande toujours depuis combien de temps il rase et s’il est à l’aise avec le coupe-choux. Beaucoup d’interrogations nous pèsent lorsque nous découvrons un nouveau salon. Pour le 1er numéro de Barberline, nous voulions vous faire découvrir un salon de barbier plutôt atypique. À la fois barbershop et lunetterie, La Shaperie est un concept store comme il n’en existe pas en France. Un univers de liberté et de savoir-faire se dégage dans ce shop. Nous avons discuté avec les deux fondateurs des lieux, pour vous faire découvrir l’histoire de ce Barbershop si particulier.

La Shaperie : mi-opticien, mi-barbier, comment vous est venu ce mélange des genres ?
Hedi Hamdi.
– Une fois mon diplôme d’opticien en poche j’ai eu l’opportunité d’aller travailler à N.Y.C. dans un concept store axé sur la lunette créateur mais aussi sur tous types d’accessoires de mode. En rentrant en France, en 2010, je me disais déjà qu’un jour j’aurai moi aussi ce genre de boutique. La barbe étant à l’honneur ces 2 dernières années au niveau des tendances et de la mode, nous avons décidé avec Jey de faire du vrai visagisme en mixant les 2 activités.
Jey No Name. – Je disposais d’une étude de marché plutôt positive sur l’évolution des soins pour homme que j’avais réalisée via mon agence. Je porte la barbe depuis de nombreuses années et bien avant la tendance, il était difficile de trouver de bons endroits sans attendre un rendez-vous dans 2 mois. Après avoir rencontré Hedi et après de nombreux changements dans nos activités respectives, nous avons décidé de nous lancer sur ce concept d’association de savoirs principalement dédiés au visage.

Vous avez un univers plutôt hip-hop et hype par rapport aux autres barbiers parisiens, c’est ce qui vous différencie d’eux ?
H.H. – Cette univers hip-hop reflète nos vies personnelles. Nous aimons l’art urbain et tout ce qui sort de la rue. Cependant nos clients peuvent passer la musique qu’ils veulent à La Shaperie, le but étant de mixer notre clientèle, unir les différentes classes sociales, partager des expériences entre nos clients et nous mais aussi et surtout entre nos clients eux mêmes. La Shaperie est un lieu de rencontre, de communication et surtout de partage.
J. – Pour ma part, je ne suis pas hip-hop ni hype, ou alors pas dans le sens sectorisant. Je suis quelqu’un de vrai. J’écoute du hip-hop autant qu’autre chose. Ce qui fait peut-être qu’on a cette vision de moi, de nous, est que je côtoie et travaille avec de nombreuses personnalités de la musique, de la mode et de l’art. Rien que maintenant au moment où je te réponds, je suis dans le studio des créatrices Coco and Breezy, en plein Brooklyn, à la même table qu’elles et elles s’entretiennent avec Dawn Richard du groupe de musique Dirty Money (avec P.Diddy). Comme je te le disais plus tôt, je porte la barbe depuis bien avant cette mode française, mais ça ne me dérange pas que ça se popularise. Il y a des tendances tout le temps, c’est cool, mais je n’aime pas les étiquettes. Je m’habille de noir depuis toujours, je porte la barbe, etc… alors je suis passé par le swag, la hype… je ne sais pas ce que ça sera plus tard.

Jey, plus qu’un salon pour toi, la Shaperie est aussi ta base secrète à idées non ?
J. – J’ai une partie de mes bureaux dans le même building, du coup j’essaye d’y associer un maximum de choses sur place. Même quand je fais un rendez-vous pour le lancement d’un nouveau modèle de chaussures, j’essaye de faire en sorte qu’il se déroule à La Shaperie. Mon client se retrouve alors dans un climat de confiance avec notre crew.

Vous organisez des expositions au sous-sol, est-ce une façon pour vous de partager avec vos clients votre culture personnelle ?
H.H. – Exactement. Il s’agit dans un premier temps de faire connaître le travail de jeunes artistes dans un lieu peu conventionnel. Certains artistes refuseraient d’exposer en galerie mais acceptent volontiers d’exposer chez nous car la finalité est différente, le but étant le partage et non forcement la commercialisation. Le second objectif est de montrer aux clients notre univers et de créer une dynamique au sein même de la boutique en apportant du renouveau, de laconvivialité et en ce qui me concerne, si nous pouvons le faire à travers un côté artistique, c’est encore mieux.
J. – Je n’ai rien à ajouter à ce que vient de dire Hedi. Le partage nous anime beaucoup dans ces démarches avec la galerie. Ce sont souvent certains de nos clients qui veulent échanger avec les autres.

La Shaperie a déjà posé son fauteuil de barbier chez H&M et beaucoup d’autres, envisagez-vous de réaliser d’autres collaborations ?
H.H. – Nous avons plusieurs collaborations prévues en 2015. Nous sommes ouverts à toutes les propositions tant que nous apprécions le projet. En 2014, nous avons réalisé beaucoup de collab’ basées sur le coté barbier mais en 2015, nous comptons vraiment mettre en avant la lunette en tant qu’objet de mode, de créativité et d’artisanat même.
J. – Il y a une structure derrière La Shaperie. Celle-ci est une agence de conseil en communication, marketing et production dont l’événementiel fait partie. Tu ajoutes à cela le savoir-faire des équipes propres à l’enseigne, composées de lunetiers et barbiers diplômés et tu obtiens un package que tu ne trouveras pas ailleurs. Nous sommes les seuls aujourd’hui à pouvoir se targuer de développer des événements clé en mains aux marques qui nous sollicitent, donc du coup les demandes pour des collaborations il y en a pas mal oui.

Jey, nous avons déjà pu lire tes exploits et ton parcours dans le n°17 de Inked Mag l’année dernière. Depuis, tu as mis à bien une multitude de projets. Quelles cordes as-tu ajoutées à ton arc ?
J. – Aucune… enfin je ne sais plus, il y en a de trop. Je me focalise aujourd’hui sur quelques-uns d’entre eux afin de rester efficace. C’est difficile parfois, Hedi peut en témoigner. Mais mes origines de designers-modeleur me font créer, dessiner, réfléchir en permanence et donc travailler sur plein de petits projets ponctuels. À coté de ça, je me focalise sur les deux enseignes et marque La Shaperie avec Hedi et L’Encrerie avec le tatoueur Walter Hego. J’ai la chance d’être bien entouré/associé.

Pour finir, j’ai cru entendre qu’un nouveau salon allait ouvrir prochainement ?
H.H. – Un nouveau salon verra le jour en 2015. Nous souhaitons proposer à nos clients le même univers mais avec pleins de nouvelles surprises. Pour cela, il faut nous suivre et nous vous dévoileront ce qui suivra…dans quelques temps.
J. – En fait je crois que… je ne vais rien dire. Ahaha !

Hedi, tu es également une figure importante dans ce salon, on connait ton engouement pour la tchatch, mais y avait-il un monde avant la Shaperie ?
H.H. – La Shaperie est ma 3ème boutique et c’est le concept que je préfère au point que j’ai revendu mes 2 autres boutiques parisiennes pour me consacrer à 100% à ce projet. J’ai toujours mixé les choses et essentiellement la lunette à l’art au sein des autres shops. J’ai également été fabriquant et designer de lunettes mais après réflexion, ce qui m’intéresse le plus c’est « tchatcher » avec les gens comme tu dis (rires). Le partage d’expériences c’est ce qui me fait avancer.

La Shaperie : Facebook / Instagram / Twitter
62 Rue de l’Arbre Sec, 75001 Paris.

Créateur de BARBERLINE. La barbe est mon emblème et le Hip Hop mon harem. J'ai la flemme d'écrire tout ce que j'aime en espérant que nos thèmes vous plaise.

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