Interview de Paul Hewitt, barbier fondateur de la marque AONO

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Paul Hewitt © Julien Lachaussée

Comment t’es-tu retrouvé dans le monde des barbiers ?

Paul Hewitt : Il y a 15 ans, j’ai commencé par la coiffure car j’aimais couper les cheveux et je me suis rendu compte très vite que je prenais plus de plaisir à faire des coupes pour les hommes que pour les femmes. (Rires.) Je faisais des coupes en dehors du salon car il y avait beaucoup de clients qui ne pouvaient pas se permettre de payer entre 50 et 70 pounds. Donc je faisais le tour des maisons pour 20 ou 30 pounds et c’est là que j’ai remarqué que je prenais plus de plaisir avec des clients masculins. J’ai travaillé de cette manière pendant un an en me déplaçant avec mon BMX mais ça n’aboutissait à rien. Puis un jour j’ai travaillé en extra pendant un mois chez un barbier juste en dépannage et dès que j’ai passé le palier, j’ai su que c’était ma place, que c’était chez moi.

Comment définirais-tu le parfait barbershop ?

P. H. : Le barbershop parfait dépend du client et du service. Peu importe à quoi ressemble le salon, combien tu as investi ou même à quoi ressemble le mec, tout est une question de service. Tu rentres dans le salon et tu vas être traité exactement de la même manière que le client d’avant. On va te saluer exactement de la même manière et c’est ça la conception du barbershop parfait. Quand le barbershop est centré sur le client, il sera le meilleur barbershop que tu pourras trouver dans le village, la contrée, la ville ou n’importe où dans le monde.

Ton salon est à Brighton, je me demandais s’il y avait une quelconque différence avec le style londonien.

P. H. : Non les barbiers de Grande-Bretagne sont vraiment tendances, super branchés et j’ai l’impression que tout le monde veut devenir barbier. Du coup, beaucoup de barbershops s’ouvrent en Grande- Bretagne mais ils sont tous sur la même longueur d’onde. Les barbiers traditionnels sont amenés à se moderniser. Il y a du bon et du mauvais mais ça a vraiment l’air d’être la tendance actuelle, c’est une nouvelle ère. Mais oui j’ai deux salons à Brighton et un en Allemagne et ils sont vraiment différents.

J’ai l’impression que tout le monde veut devenir barbier.

Voudrais-tu ouvrir un salon à Paris un jour ?

P. H. : Peut-être qui sait. (Rires.) C’était assez difficile d’ouvrir un salon en Allemagne contrairement à l’Angleterre car tu ne connais pas la culture. Mais si l’occasion se présente nous l’examinerons.

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Paul Hewitt © Julien Lachaussée

Tu as une relation étroite avec le streetwear, pourrais-tu en parler ?

J’ai grandi avec le streetwear et des amis à moi ont une marque. J’ai toujours été dans un univers : basket, hip-hop, skate même si je n’étais pas vraiment bon… C’est venu naturellement, je suis toujours comme ça… en baskets ou en Vans et je me suis toujours habillé en noir, c’est ma couleur préférée. (Rires.) En 2010 j’ai créé AONO (Always Outnumbered Never Outgunned) car je ne pouvais plus trouver quoi que ce soit qui me plaisait.
J’ai acheté tous les t-shirts noirs que je pouvais. Il y avait des marques par rapport au tattoo mais pas vraiment par rapport aux barbiers donc j’ai combiné les deux et commencé à me pencher là dessus. Pour les illustrations nous travaillons avec des tatoueurs et des illustrateurs puis ma femme s’occupe du design. Ça reste familial ! C’est grâce à AONO que j’ai pu croiser le chemin de Dickies, Vans, Electric avec qui j’ai aujourd’hui collaboré.

Pourrais-tu nous parler de ta collaboration avec Electric ?

P. H. : Je les ai rencontré il y a deux ans et ils m’ont demandé si je voulais devenir leur ambassadeur. Avec le temps notre relation est devenue de plus en plus forte et nous sommes allés partout en Europe et même à Los Angeles. Dernièrement ils m’ont demandé si j’aimerais collaborer avec eux et nous avons réalisé un design de lunettes de soleil Shiver par rapport à mon style. Nous sommes aussi partis sur une montre où nous avons pris une base existante en y ajoutant des motifs exclusifs. Je n’aurais jamais pensé que cela puisse se produire dans ma vie.

Tu voyages beaucoup, ça ne doit pas être facile par rapport à ta famille ?

P. H. : C’est très difficile… Je n’aurais jamais pensé pouvoir utiliser mon métier comme passeport. C’est vraiment incroyable de pouvoir voyager de la sorte mais c’est aussi assez stressant. J’ai juste de la chance d’avoir une femme et une famille derrière moi. Je vais arrêter de voyager à partir de cette année sauf pour quelque chose de vraiment important.

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Paul Hewitt © Julien Lachaussée

On peut aisément voir que tu aimes les tatouages, quand as-tu fais le premier ?

P. H. : J’avais 21 ans… Celui-là sur mon avant-bras veut dire « Family love ». J’ai attendu mes 33 ans avant de commencer sur les mains, mon visage et mon cou. Je voulais avoir une stabilité et lorsque j’ai ouvert mon propre salon et que j’ai commencé mon propre business je savais que je pouvais me permettre ou même vis-à-vis de ma famille, respecter mon père et ma mère. Chaque tatouage a une histoire !

Est-ce que tu as un préféré ?

Le nom de mes enfants sous le menton Ruby et Franck.


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