Interview d’Aaron Cohen, ce jeune rappeur à la barbe rousse

Aaron Cohen est originaire de Seattle et vient de sortir son nouveau EP : « Home Less ». Ce jeune rappeur porte fièrement une belle barbe rousse comme la plupart des gens déteste. Majeur en l’air, le message est clair : la barbe est un moyen d’expression autant que le rap. Nous tenions à vous faire découvrir ce rappeur original.

Nous t’avons découvert avec ton premier projet Crack, et seulement quelques mois après avoir sorti « You Wouldn’t Know », te voici de retour avec ton tout nouvel EP : « Home Less ». Peux-tu nous en dire plus ?
Aaron Cohen. – Cet EP est mon projet le plus sombre et le plus personnel à ce jour. La direction artistique de ce projet s’est faite très naturellement. J’ai vécu pas mal de moments super relou quand le projet a commencé à prendre vie : plus d’appart, j’habitais à droite à gauche, je dormais souvent par terre au studio où j’enregistre et parallèlement, je faisais beaucoup de concerts à travers les States et en Europe. Le titre du EP est un jeu de mot avec « homeless » (SDF) bien sur et « home less » qui veut littéralement dire « sans maison » ou « être rarement à la maison ». Cela défini très bien où j’en suis dans ma vie et en tant que personne. Car quelle que soit la galère dans laquelle je peux me trouver, je continue à faire ma musique, ma carrière avance et je voyage même de temps en temps ! « Home Less » est un projet très important pour moi, mon album préféré à vrai dire et je pense que les gens vont le ressentir. Surtout sur le titre avec Alexander Spit, la vidéo qu’on a fait est vraiment terrible ! Pas le genre de vidéo habituelle, plus travaillée et plus artistique.

Comment arrives-tu à rester à la page en faisant une musique tout à fait différente de ce qui est dans la mouvance actuelle ?
A.C. – S’exprimer et créer de façon authentique sera toujours à la page ! C’est vrai que je suis assez différent de beaucoup d’autres rappeurs, et tant que je continue à faire mon truc, je réussirai toujours à me démarquer de manière originale. J’évite de penser à ce que les gens attendent de moi musicalement. Je pense que si tu y prêtes attention, tu peux facilement te perdre. La réalité est parfois crue et du bon hip hop reflétera toujours cela !

Les titres de cet EP sont différents de tes sons précédents, comment comptes-tu les mettre en scène lors de tes prochains concerts ?
A.C. – Avec ce projet, je veux vraiment changer de délire et éviter de faire un concert de rap basique. Je voudrais que mon public vive une expérience de ouf, car ces titres sont chargés d’émotions et je voudrai que mes fans le ressentent lors de mes concerts. Jeux de lumières intenses et mise en scène qui va avec. Je travaille dans cette direction en tous cas.

Ton rap évolue et se perfectionne, qu’aimerais-tu apporter à la scène actuelle ?
A.C. – J’aimerai influencer et inspirer les gens à assumer et revendiquer leur côté « ugly » dans leur musique. C’est cool d’être flashy et de se la raconter parfois, j’aime le faire aussi de temps en temps, mais c’est bien d’apporter une certaine réalité dans sa musique si tu veux qu’il y ait un peu de profondeur dans tes morceaux. Certains artistes ont peur d’être vulnérables dans leurs textes, mais tout écrivain qui se respecte se doit de le faire.

Ton éthique de travail est vraiment remarquable, peux-tu nous dire pourquoi c’est si important pour toi de faire de la musique et d’en faire ta carrière ?
A.C. – Dès l’instant où j’ai décidé de prendre la musique au sérieux, j’ai foncé tête baissée et je ne l’ai jamais regretté. C’est mon art et il n’y a rien d’autre que j’aimerai faire dans ma vie que de m’y consacrer. Il y a peu de choses sur lesquelles tu as un contrôle total, mais la manière de focaliser son énergie et son temps à ce que tu aimes faire en est une et il est hors de questions que je gâche ça.

Quelle est ta relation avec New York ?
A.C. – J’aime beaucoup New York ! L’énergie de cette ville est mortelle et ça me motive à toujours faire plus. Dès que j’ai commencé à rapper, j’allais à toutes les soirées « open mics ». Bien que je sois de Seattle, je pense vraiment faire partie de la scène new yorkaise et de m’être fait une vraie place.

Dans tes clips, on te sent très lié avec ta team, c’est important pour toi afin d’avancer ?
A.C. – Je pense que c’est important d’être entouré par des gens qui ont la même vision et les mêmes rêves que toi. Artistiquement, c’est bon d’avoir ces mêmes personnes qui te poussent à être créatif et à toujours faire mieux. Avec ICK (Inner City Kids) on échange et partage beaucoup, on peut compter l’un sur l’autre, ce qui est rare dans ce milieu.

Tu fais partie de cette nouvelle vague de rappeurs pour qui le style vestimentaire est important. Que penses-tu de la mode et comment décrirais-tu ton style ?
A.C. – Je ne m’y connais pas beaucoup, mais oui, je pense avoir un petit style sympa. Cela dit, je n’aime pas être super apprêté, je ne me prend pas la tête pour me sapper. J’ai toujours été comme ça, me distinguer des autres en étant à la cool.

La barbe, un effet de mode ou tu la revendique fièrement ?
A.C. – Ma barbe à une réelle signification pour moi. Cela marque le moment où j’ai cessé de bosser dans des grosses boîtes et décidé de ne plus faire un taff relou. Et avoir une barbe est un moyen efficace de ne plus pouvoir faire ce genre de taff. Être un peu en marge et pouvoir me consacrer à ma musique.

Avec quels artistes US ou français aimerais-tu collaborer ?
A.C. – Il y en a plein des artistes que je kiffe ! J’aimerai bien bosser avec Schoolboy Q, Freddie Gibbs, Rich Gang, Drake, Kanye. Pour ce qui est des artistes français, j’ai fais un titre avec le producteur Myth Syzer qui va sortir bientôt, avec Blackbird du S-Crew et tout récemment avec le groupe Château Marmont, pour leur album qui est sorti le 30 mars.

Jettes-tu un oeil sur la scène Rap Français ?
A.C. – J’ai toujours kiffé MC Solaar, que j’ai rencontré lors de mon dernier passage à Paris. Très cool ! Je connais un peu ce que fait Salif, Nekfeu, le Saïan à l’époque et bien sûr Booba.

Action Bronson, un frère de barbe ? (rires)
A.C. – Ha ! Oui on me dit ça trop souvent ! Sa barbe est bien plus fournie que la mienne cela dit. Action c’est un rappeur mortel, mais à part la barbe nous ne so1mmes pas pareil.

Aaron Cohen nous cacherait-il encore de nouveaux projets pour 2015 ?
A.C. –  On continue de pousser notre projet Ugly Boyz avec ABGOHARD, mon projet « Home Less » bien sûr et un tas de concerts et de nouvelles vidéos qui arrivent.

Aaron Cohen : Facebook / Twitter / Instagram / Soundcloud / Youtube

Créateur de BARBERLINE. La barbe est mon emblème et le Hip Hop mon harem. J'ai la flemme d'écrire tout ce que j'aime en espérant que nos thèmes vous plaise.

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