Défenseur de la bonne bouffe : Gilles Lartigot

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Gilles Lartigot © Julien Lachaussée

Défenseur de la putain de bonne bouffe que tu ne retrouves jamais dans ton micro-ondes. Gilles Lartigot a décidé de puiser son énergie à combattre intellectuellement les sociétés agroalimentaires et les abattoirs de masse. C’est en 2010 qu’il change son mode alimentaire et décide d’enquêter sur ce qu’il mange. Après quelques temps sous la casquette de détective culinaire, il décide d’écrire un livre « EAT : Chroniques d’un fauve dans la jungle alimentaire » avec lequel il prend la parole, pour nous démontrer ce qui se passe vraiment dans nos assiettes.

Quel est ton secret pour manger sainement ?
Gilles Lartigot : À vrai dire, c’est assez récent dans ma vie, avant je mangeais beaucoup de merde ! Je n’étais pas dans la « junk food » mais je me suis toujours intéressé à la nutrition. Puis j’ai commencé à changer mon mode alimentaire en 2010, lors de mes premières enquêtes pour mon livre « EAT »… Comment je fais pour manger sain ? Il faut déjà définir ce que manger « sain » veut dire… Premièrement, éliminer les produits industriels, tous les produits transformés qui ne sont pas bons pour notre santé. Deuxièmement, il faut bien s’informer, retrouver le chemin des marchés locaux, bios et réapprendre à cuisiner, car nous avons perdu cette nécessité. Tu peux déjà manger plus sainement, avec ces quelques conseils.

À la suite de tes enquêtes, que t’es-tu interdit de manger ?
G. L. : De la viande ! Je ne peux plus en consommer… J’ai vu des choses que je n’aurai pas dû voir dans des élevages industriels, ce qui m’a meurtri et a créé un blocage physique. C’est à ce moment là que j’ai découvert l’alimentation végétale. Tu sais la seule chose que je m’interdis, c’est la « junk food », et encore je ne me l’interdis pas… je n’en ai vraiment pas envie. La dernière fois c’était un Burger King, sur la route de New York… Je te passe les détails. (Rires.)

Dans ton livre, tu parles de « nourriture originelle ». Qu’est-ce que c’est ?
G. L. : C’est la nourriture qu’a connu l’Homme, qui l’a fait évoluer et qui est végétale. Il se dit que nous sommes chasseur et cueilleur mais en réalité nous étions plus cueilleur que chasseur. Cela était plus facile de prendre un fruit que la nature nous offrait, plutôt que de courir derrière un mammouth par exemple. (Rires.) Nous avons commencé à manger de la viande pour survivre pendant l’air Paléolithique et aujourd’hui nous en consommons de trop. Donc la « nourriture originelle », c’est revenir à l’essentiel : fruits, légumes, végétaux et même de la viande, si elle n’a pas été mal traitée.

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Gilles Lartigot © Julien Lachaussée

Peux-tu nous parler des aliments anti-cancer ?
G. L. : Il y a des aliments qui sont spécialisés dans l’anti-cancer comme le curcuma, un aliment anti-inflammatoire qui est consommé abondamment en Inde. Tu as aussi le jus d’herbe de blé, qui sont des pousses de blé déshydratées, que tu peux acheter en poudre. Une cuillère à soupe tous les matins dans l’eau te donne tous les nutriments vitaux.
Mais dans le fond, il n’y a pas d’aliment anti-cancer, ça c’est une invention de l’industrie pharmaceutique. Par contre, il y a énormément d’informations sur la guérison du cancer à travers l’alimentation. C’est un sujet assez tabou dans le milieu de la médecine et je l’aborde car j’ai des témoignages qui me pousse à en parler. Le jeûne, c’est s’arrêter de manger pendant une période, ce qui peut guérir certaines pathologies mentales et physiques. Le jeûne thérapeutique a été reconnu en Russie depuis les années 70 et la privatisation de nourriture peut guérir le corps… C’est bizarre non ? Mais à la fois si simple, lorsque tu te coupes, le corps se cicatrise donc tu t’auto-guéris. Alors lorsque nous avons des métastases, avec une bonne alimentation et la pratique du jeûne, le corps peut se soigner et combattre ces métastases.

Penses-tu que la population est prête à modifier son alimentation ?
G. L. : Malheureusement, je ne pense pas… Il y a des gens qui sont demandeurs d’informations, mes lecteurs par exemple se rendent compte que c’est efficace et donc ça les interpelle. C’est un vrai problème de société, il y a des gens qui sont réfractaires et d’autres plus ouverts. Au départ, quand j’ai commencé à m’informer et à me dire que je peux sauver des gens, j’ai eu tendance à leur dire : « Merde faut que tu lises ça, qu’est-ce qui te prend de manger ça ? » Puis à la longue, je me suis détaché en me disant, « Je vous offre cette information et vous êtes libres de la suivre ou non ».

C’est dans cet état d’esprit que tu as écris ton livre ?
G. L. : Oui je voulais éveiller des consciences… témoigner aussi de mon changement, j’ai commencé à faire plus attention à 45 ans. À l’époque, j’étais dans la musique avec tout ce qui s’en suit. Je voulais montrer que mon but n’est pas de changer les gens, mais montrer que nous pouvons réaliser notre propre révolution personnelle. Tout simplement en modifiant ses habitudes, son style de vie afin d’être en meilleure santé. Nous sommes libre de dépenser comme bon nous semble, si tu veux jeter ton argent dans un plat surgelé plutôt que dans une préparation locale… c’est ton choix.

Le sport va avec l’alimentation ?
G. L. : Oui, parce qu’aujourd’hui, nous avons des métiers sédentaires, nous ne nous dépensons pas assez. Nous pouvons courir comme des cons sur des tapis, mais nous vivons dans une société dans laquelle il faut adapter son temps au sport. Il faudrait en faire minimum 4 fois par semaine. L’exercice permet de régénérer ton corps, il ne faut pas le laisser au repos. Quand tu as un petit rhume, vas courir, vas transpirer, tu guériras beaucoup plus vite. Donc oui c’est un bon complément, d’ailleurs je te ferais remarquer qu’aucune espèce vivante ne connait l’obésité mis à part nous… La gourmandise…

La gourmandise peut aller jusqu’à l’excès…
G. L. : Il ne faut pas aller dans l’excès, parce qu’à un moment donné, tu ne peux même plus apprécier le plaisir de la nourriture. Tu connais les Alcooliques Anonymes ? Bah il devrait y avoir des centres de désintoxication nutritionnelle. Te rends-tu compte qu’il y a des gens qui sont accros au sucre et au gras… C’est une putain de drogue légale ! On fume… pourtant sur le paquet il y a marqué « Fumer tue »… Et c’est en vente libre, pourquoi ? Car 80% est pompé par l’État pour financer l’assurance maladie pour soigner les mecs qui fument. (Rires.) Je pense aussi à Coca-Cola, le Nutella ou pire McDo, on ne te dit pas que ça peut créer des addictions… Est-ce qu’il faut interdire ou pas ?

Tu les aurais interdit ?
G. L. : Moi je ne suis pas politique, c’est une décision que doivent prendre des hommes politiques. Bien sûr ils ne les prendront jamais, car il y a des millions en jeu.

Et dans un monde idéal ?
G. L. : Je ne sais pas si dans un monde idéal tu dois diriger les gens… Quand tu parles d’alimentation, il faut être très humble. On ne connait pas tout sur l’alimentation, on est très loin de tout savoir. C’est le professeur Martin avec qui j’ai collaboré pour le livre qui m’a dit la chose suivante : « L’alimentation, c’est comme la chirurgie au Moyen Âge. » Donc comme moi, je pense que tu n’aimerais pas te faire opérer au Moyen Âge. (Rires.) Après tu ne peux pas dicter un choix à une population, il y a des enjeux qui sont écologiques. Mais ce qui serait idéal entre toi et moi, serait de ringardiser les fast foods. Tu vas manger au Mcdo… Tu es un loser ! C’est ça aujourd’hui que j’ai envie de montrer.

Pour finir : Penses-tu que ton livre « Eat » pourrait sauver Lemmy ?
G. L. : Lemmy ? Lemmy, je n’ai pas eu la chance de le rencontrer, ça me fait sourire quand je lis qu’il aurait remplacé le Jack par la vodka. C’est de l’intox… Je pense que cela fait un moment qu’il ne boit plus de Jack mais de l’eau. La dernière fois je l’ai croisé dans une loge, il n’y avait que des bouteilles d’eau et le Jack n’était présent que pour les photos. Pour moi Lemmy, ce n’est pas un exemple, c’est un mythe. Il a fait énormément d’excès et la chance le rend indestructible.


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Créateur de BARBERLINE. La barbe est mon emblème et le Hip Hop mon harem. J'ai la flemme d'écrire tout ce que j'aime en espérant que nos thèmes vous plaise.

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