Barber Ink, Fabien l’homme-barbier

J’étais coiffeur homme-barbier il y a plus de 20 ans et je sors d’une pause (de 20 ans), pendant laquelle j’étais responsable dans plusieurs magasins, ce qui m’a permis de vivre au Canada et en Australie…  Je suis revenu à Paris pour reprendre le métier de barbier car j’avais besoin d’une activité qui me ressemble, j’avais besoin d’un retour aux sources. Dans les salons mixtes, je trouve que les hommes sont plutôt mal traités donc je me suis spécialisé dans l’homme barbier. Le monde du tatouage et celui de la barbe étant très similaires, j’ai voulu conjuguer les deux en ouvrant mon salon.

As-tu senti que cette mode de la barbe a encouragé le métier de barbier ?
F. – Oui tout à fait, il faut savoir que le métier de barbier avait disparu dans les années 70/80 (peu après l’apparition du sida.) ce qui a fait naître la mode des métrosexuels, sans barbe et sans poil. Puis dans la plupart des métiers, il fallait toujours être bien rasé. La mode hipster a commencé il y a une dizaine d’années en France et s’est accélérée grâce aux artistes. À Paris, tu as 6/7 barbus sur 10 hommes. Je pense que beaucoup de monde s’est mis à la barbe et n’est pas prêt de la lâcher.

Pour toi, quel est le barbershop idéal ?
F. – Le barbershop idéal c’est celui que tu peux rencontrer dans le Bronx aux États-Unis. Ils sont 3 ou 4 à discuter avec leur clientèle. Plus un coté «entre potes», limite tu bois un verre, tu regardes la TV, tu passes un bon moment. Plutôt que de dire : un client c’est tant de temps car il me rapporte tant. Le barbier idéal, c’est celui qui prend son temps pour satisfaire son client. C’est ce qui manque dans la profession.

Y a-t-il de la concurrence entre barbiers, des amis, des ennemis ?
F. – Moi je n’ai pas d’ennemi, on fait tous le même métier avec un style différent. Je sais que dans certains salons, ils se critiquent beaucoup entre eux. Moi, je respecte tout le monde, ceux qui me critiquent… ne m’atteignent pas.

D’après toi, une formation de barbier officielle est-elle indispensable ?
F. – 
Avant tout, nous sommes des coiffeurs hommes, la barbe fait partie de notre formation. C’est une question qui revient souvent sur certains sites ou forums. C’est comme certains barbiers qui utilisent de la cire… Comme dit un ami : «Nous ne sommes pas des esthéticiennes, nous sommes coiffeurs.» Ce n’est pas que je suis contre, mais ce n’est pas mon état d’esprit. De toutes façons, ceux qui sont là pour faire de l’argent facile ne resteront pas longtemps. Notre métier, c’est avant tout une passion et quand tu es passionné, ça paye.

Tu nous disais que c’est important pour toi d’avoir le contact avec ton client mais pourquoi travailler seul ?
F. – Certains multiplient les salons, je pense à la Barbière, les Mauvais Garçons, la Clef du Barbier etc. Moi, ce n’est pas mon concept, je préfère bosser seul. Comme je le dis souvent : travailler à plusieurs, c’est multiplier les problèmes que tu pourrais avoir tout seul.

Pourquoi les barbiers de Paris n’ont-ils pas le temps d’être présent avec leurs clients ?
F.Dans mon salon, la coupe + la barbe dure une heure. Je pense que pour beaucoup, leur popularité leur a joué des tours. Il faut patienter 3 semaines voire un mois pour obtenir un rendez-vous dans 3/4 des salons parisiens. Avec autant de monde devant leurs portes, on ne peut pas prendre son temps. On me dit souvent que l’on aime venir chez moi car on est relax, et à terme je n’ai pas envie de changer ça. Une ambiance entre potes, c’est toujours plus cool.

On m’a dit que tu ne tenais pas ton coupe-chou comme les autres barbiers ?
F.Nous sommes très rares à le faire, mais je tiens mon coupe-chou comme un sabre. C’est une technique que j’ai l’habitude d’utiliser pour raser, mais c’est propre à chacun et ça ne change pas la façon de raser.

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Aime les bonnes choses, qui se mangent, qui se regardent et même qui s’écoutent, mais aime surtout les fringues.

Soit le 1er à tout raser